AEROHotel 1 avec Nusra
Hotel 2 Nomad et Steve
Une soirée marquée par un choix tactique engagé : mission FS de nuit. La séquence débute par une INFIL héliportée pour déposer le Groupe Action sur une LZ en bordure de littoral.
Las le matériel en dotation n'est pas adapté au pilotage sous JVN (Jumelles de Vision Nocturnes). Il faut donc procéder à un vol aux instruments en suivi de littoral.
La patrouille progresse (très) lentement et débute son approche finale de façon synchronisée. Le leader conserve ses feux de position allumés pour permettre à l'équipier une tenue de place en sécurité.
La visibilité est absolument nulle. La dépose est virtuellement impossible dans ces conditions face à la falaise. Le projecteur ventral est allumé. Son inclinaison verticale ne permet pas d'éclairer la zoner de poser. Mais H2 remarque qu'il pourrait se poser dans le faisceau si Leader maintient sa position en altitude. Brillante idée ! La manœuvre est réalisée avec une tenue machine sous haute tension. Le groupe de H2 est ainsi déposé en sécurité puis les rôles sont inversés et H1 peut à son tour déposer ses commandos.
La mission des FS peut débuter tandis que les hélicos repartent en attente au large (et en profitent pour changer de slip...). L'ADAC parvient sur son OP mais tombe sur une patrouille qui les neutralise. La section aéro est appelée en renfort. Nous débutons l'appui feu mitrailleuses et roquettes et pendant plus d'une heure allons alterner les phases de feu au contact. Nous serons touchés à plusieurs reprises nous obligeant à nous poser pour réaliser des soins ou des réparations. Des A/R BTAC permettent de recompléter la dotation roquettes. Nous cloisonnons la zone d'action en prenant à partie véhicules en QRF ou ENI en maraude sur les arrières.
A l'heure de l'extraction nous réalisons un poser sur le port en appui mutuel pour récupérer le GRA et rentrer en VOLTAC aux premières lueurs du matin. Une sacrée mission pour l'Aéro !
RETEX :
-Les missions de nuit requièrent un entraînement poussé (utilisation équipements, tactique). Le tableau de bord du HUEY n'est pas traité BNL (bas niveau de luminosité). Clairement on est pas encore au bon niveau. Une manœuvre 3D miraculeuse et une prestation 2D dont le taux de pertes témoigne de la prise de risque consentie.
-Besoin d'ENT avec les machines en patrouille et par condition nocturne de niveau 1 avant de faire du niveau 5 (nuit noire).
-Pas de pertes 3D tant qu'on garde du Badin +++ (vitesse) et qu'on manœuvre en défilement. Réaliser des passes prolongées dans l'axe sur un point dur nous expose et nous récoltons du plomb.
Pour mémoire sur les niveaux de nuit :
Les niveaux de nuit pour le vol tactique des hélicoptères OTAN (opérations NVG/NVIS) sont souvent classés sur une échelle de 1 à 5, basée sur des études européennes/militaires. Cette classification correspond à l'illumination ambiante (en millilux ou mLux), qui détermine la faisabilité et la qualité du vol tactique avec des lunettes de vision nocturne (généralement Gen 3).
Voici les niveaux typiques reconnus :
- Niveau 1 : Très clair (clear sky, forte illumination lunaire) — environ 40–200 mLux (ou plus)
Conditions idéales, excellente performance NVG, vol tactique très sûr. - Niveau 2 : Clair — environ 10–40 mLux
Bonne visibilité, opérations tactiques normales. - Niveau 3 : Normal/moyen — environ 2–10 mLux
Conditions standards, performances NVG encore bonnes. - Niveau 4 : Sombre — environ 0,7–2 mLux
Nuit sombre, limite basse pour certaines opérations tactiques, gain NVG réduit. - Niveau 5 : Très sombre (very dark, overcast starlight ou starlight pur) — environ 0,1–0,7 mLux (parfois < 0,5 mLux)
Nuit la plus noire sans lune, opérations tactiques très exigeantes, souvent limite opérationnelle pour le vol NOE (nap-of-the-earth) ou tactique basse hauteur. Les NVG Gen 3 fonctionnent encore, mais avec bruit/scintillement accru, contraste faible et réduction de portée (souvent minimum ~0,5 mLux requis pour une visibilité d'au moins 1,5 km).
Ces niveaux proviennent notamment d'études FINABEL (1978, toujours référencées) et de documents allemands sur l'aviation légère de l'armée, repris dans le cadre OTAN/STO/AGARD pour les tests NVG sur hélicoptères. En résumé (échelle OTAN/tactique hélicoptères) :

Note : Ces valeurs concernent l'illumination ambiante naturelle (moonlight/starlight), pas les lumens du cockpit (qui sont en cd/m² ou fL pour la compatibilité NVIS, typiquement <0.1–0.34 fL pour ne pas éblouir les NVG). Les normes OTAN (via STANAG/MIL-STD-3009) exigent un éclairage cockpit NVIS-compatible pour tous ces niveaux. Pour les opérations très tactiques (basse hauteur, NOE), beaucoup d'unités OTAN limitent souvent le niveau 5 ou exigent des aides supplémentaires (FLIR, éclairage IR).